Relation D'Aide Et Entretien Infirmier En Sante Mentale

Relation D'Aide Et Entretien Infirmier En Sante Mentale

RELATION DAIDE ET ENTRETIEN PATIENT- SOIGNANT COMPRENDRE Les concepts et thories Quelques dfinitions Communiquer est indispensable ltre humain, cest le ciment qui relie les individus de tout groupe social Ltymologie du mot nous apprend que communiquer apparu dans la langue franaise au 16me sicle, vient du latin

communicare qui signifie mettre en commun : notion de partage. Rey (2004) Il a t introduit dans la langue franaise avec le sens gnral de mettre en relation Le principe de la communication La communication et ses filtres Les filtres de la communication

Il existe donc des filtres lis la personnalit qui peuvent se constituer en obstacle la communication. Le codage et le dcodage sont fonction de ltat affectif, de la motivation, de lhistoire personnelle, du cadre de rfrence, des systmes de valeurs, du niveau intellectuel et culturel, du projet, du statut et du rle social de lmetteur et du rcepteur. La communication verbale Le langage verbal et la valeur suggestive de la parole : Il est fondamental de prendre conscience du pouvoir de la suggestion des

mots : ce qui est exprim est imprim Quand nous prononons un mot nous crons dans notre esprit et dans celui de nos interlocuteurs limage de la signification de ce mme mot Ainsi des communications comportant des mots comme : difficult , problme , sacrifice effort , inscurit , ou encore dranger , ennuyer , voler etc Crent dans toute communication un sentiment de malaise, voquent invitablement des sensations et des suggestions ngatives pour soi (langage et pense intrieure) et pour les autres. Mais

Les recherches les plus rcentes montrent que nous communiquons beaucoup plus par nos messages non verbaux que nos mots Cest ce qui explique quil est beaucoup plus facile de travestir des faits, raconts avec des mots que des motions, traduites par des signaux corporels Le langage non verbal Le langage non verbal peut avoir toute une srie dusages : Renforcer et/ou accompagner le langage verbal, mettre en vidence certains points, rguler, grer les diffrents flux de parole, se

substituer au langage verbal. Diffrents aspects sont tudis dans le langage non verbal : Les mouvements corporels ; Les mouvements faciaux ; Les mouvements oculaires ;

Le toucher ; Dans la pratique Il y a 4 postures physiques qui gnrent des attitudes diffrentes et qui peuvent marquer lauditoire Deux familles : 1. Le rapport la verticalit : Lextension : domination La contraction : attitude de soumission Lidal est dtre dans sa verticalit, ni en extension, ni contract, tir vers le

haut, le buste en ouverture. 2. Le Rapport au mouvement : Vers lavant : attitude de partage et douverture aux autres Vers larrire : attitude de crainte, de fuite La communication non verbale OPTIMISER LA COMMUNICATION Le professionnel doit transformer les savoirs savants et les savoirs de rfrence quil souhaite transmettre au patient en fonction des

savoirs pr-existants du sujet qui se constituent souvent en filtre qui peuvent dformer et quelquefois bloquer linformation En fonction des rponses verbales et non verbales de la part du rcepteur ( feed-backs ), lmetteur devra adapter pertinemment ses messages pour viter un blocage affectivo-cognitif de la part du sujet, cest--dire un blocage de la communication qui diminuerait les probabilits de russite LA MTACOMMUNICATION Mtacommuniquer : cest changer sur sa propre communication au

niveau du contenu ou au niveau de la relation. Ex : Si je dis a, cest parce que je tapprcie jexplique et je justifie le pourquoi de ma communication. En tapant sur un verre pour obtenir le silence je mtacommunique que je souhaite communiquer quelque chose Perturbation possible : Ne pas mtacommuniquer, ne pas prendre de recul, risque de laisser la communication senfermer dans le conflit. Il faut savoir dire il y a quelque chose qui ne va pas Applications pratiques

Un langage simple : Un langage simple, avec des phrases courtes, est toujours plus efficace. Sujet/verbe/complment Un langage simple est un langage compris par tous, mme par les non-initis. Applications pratiques Un langage juste : Le langage est limage de ce que nous sommes et vice et versa En modifiant notre langage et en utilisant des formules plus

efficaces nous renforons notre impact. Nous avons trop tendance utiliser des formules qui nous suggrent nous mme (autosuggestion) lchec ou nous rabaisse. Applications pratiques Dire JE (ou NOUS) et parler TU (ou VOUS). Supprimer ON, pronom impersonnel et non engageant. Supprimer MAIS et remplacer ventuellement par ET Je suis daccord et je Sengager / tre dans laction

Supprimer JE PENSE : parler le langage de laction et et de laffirmation. Remplacer : Je pense que je peux le faire par Je vais le faire Applications Penser pour soi, pas pour les autres ! Faire attention aux prjugs ; dire Etes-vous OK ? plutt que : Je pense que tout le monde est daccord Parler de faon positive, viter la double ngation ; par exemple Je

ne peux pas ne pas le faire = je vais le faire ou Cest pas mal = cest bien Faire attention au conditionnel. Ex : Tu vas y arriver plutt que Tu devrais y arriver Applications Supprimer Je vais essayer de Dire : Je peux le faire plutt que Je vais essayer de le faire Utiliser : Savez vous que ; Etes vous daccord plutt que Comme vous le savez tous

Supprimer Inutile de prciser que soit je prcise, soit je ne dis rien Considrer que les choses sont modifiables. Il ny a pas de fatalit. Je peux dcider. Supprimer Cest comme a , Dhabitude , Cest crit Applications Ne pas utiliser les mots PROBLEME/SOUCIS/RISQUE Utiliser les mots CHALLENGE/DEFIS Ex : Voil un vrai challenge plutt que Ca va tre un problme

investir du temps plutt que passer du temps / perdre du temps. Ex : Jinvestis du temps pour rpondre au mail Applications Dire : Je suis content/ravi plutt que : Il faut que : Il faut que Ex : Je prends en charge le dossier ou Je suis ravi de prendre le dossier plutt que Il faut que je me charge du dossier COMMUNICATION ET RELATION

Lempathie Lempathie est la capacit de ressentir et de comprendre ce quune autre personne ressent : comment me sentirais-je ou agirais-je dans la situation si jtais sa place ? ETUDE SUR LES NEURONES MIROIRS REGARD INCONDITIONNEL POSITIF Entrer dans le monde personnel et intrieur de lautre, tel quil le peroit, et sy trouver comme chez soi.

Vivre temporairement la vie de lautre sans porter de jugement. Capter la signification dun sentiment dont il nest peine conscient. Mettre de cot une partie de soi, de ses opinions, de ses valeurs afin de se rendre disponible au monde de lautre. Respect de la personne : donner le maximum de responsabilits (citoyennet/compassion) LEMPOWERMENT

thymologie : du latin potere, pouvoir, tre capable de ; de langlais : action pour gagner du pouvoir Pouvoir dagir ou capacit dagir (LE BOSS) Appropriation du pouvoir (RONDEAU) Acteur de soi (FERRAND-BECHMAN)

Processus par lequel un patient augmente sa capacit identifier et satisfaire ses besoins, rsoudre ses problmes et mobiliser ses ressources de manire avoir le sentiment de contrler sa propre vie (ROLLAND, 2018) Lempowerment nest pas

Un pouvoir de sagiter Une prescription dautonomie Une injonction de comptences, de motivation, destime de soi

Le dveloppement du pouvoir dagir permet de Retrouver sa dignit dacteur tre restaur dans sa lgitimit de sujet capable

tout en sassurant que la personne dispose des ressources pour y parvenir LA RELATION DAIDE Si je peux former une relation daide avec moi-mme, si je peux tre conscient de mes propres sentiments et les accepter, alors il y a beaucoup de chances pour que je puisse former une relation daide envers quelquun dautre . Carl Rogers

Importance donc de la comprhension de soi Apprhender un savoir psychologique : une connaissance fondamentale du comportement humain et de ses dterminants physiques, sociaux et psychologiques Aider : tymologiquement double sens : plaire/faire plaisir et secourir drive : la sduction. ANALYSER Les outils danalyse

LES MCANISMES DE DFENSES ACTIVISME : Les conflits psychiques et ou, les situations traumatiques ne sont pas rflchis mais agis. AFFILIATION : Recherche de soutien lors dangoisses. CLIVAGE : les motions empchent la personne reconnatre dans un mme temps le bons et le mauvais. Risque de dsunion dquipe. LES MCANISMES DE DFENSE DNEGATION : procd par lequel le sujet, tout en formulant lune de ses penses, jusquici refoule, continue sen dfendre en niant quelle lui

appartienne. Je sais que mais DNI : action de refuser la ralit dune perception vcue comme dangereuse ou douloureuse IDENTIFICATION PROJECTIVE : la personne imagine sintroduire lintrieur de lautre pour se dbarrasser de sentiments, de pulsions ressenties comme indsirables. LES MCANISMES DE DFENSES LA PROJECTION : Opration par laquelle le sujet expulse de soi et localise

dans lautre, personne ou chose, des sentiments, des dsirs quil mconnait et refuse en lui. Ce qui est inquitant ou mauvais est attribu lautre. REFOULEMENT : Opration par laquelle le sujet cherche repousser ou maintenir dans linconscient une reprsentation insupportable. Cette reprsentation, cette pense, ce moment de vie , jusque l oubli peut alors resurgir, refaire surface au moment de la maladie. RGRESSION : Retour des modes dexpression antrieurs face un danger interne ou externe (cas de pratiquement toutes les pathologies somatiques et psychiques)

LES MCANISMES DE DFENSE LA FIXATION : lintrt du sujet va se porter, se dplacer, sur une reprsentation ou une image partielle dfaut de pouvoir intgrer un tout (la maladie par exemple). Il pourra sagir dplacer une angoisse, plutt diffuse, sur un objet en particulier. (exemple sur un problme somatique) LA FUITE ET LVITEMENT : conduites adoptes de faon inconscientes par le patient pour viter de penser ou de parler de quelque chose de trop douloureux pour lui (ici la maladie). Dune certaine manire, tous les mcanismes de dfenses contribuent la fuite et lvitement. Si on dcline ces manifestations, elles peuvent apparaitre sous forme dagitation, deuphorie, de logorrhe, dhumour

LA BANALISATION : le patient a tendance relativiser la situation, la minimiser. LES MCANISMES DE DFENSE RENVERSEMENT DANS LE CONTRAIRE : une pulsion conflictuelle est remplace par une pulsion oppose RETOURNEMENT CONTRE SOI-MME : refus de sa propre agressivit quil dtourne dautrui pour la reporter contre lui mme. (besoin de punition TS ) SUBLIMATION : Drivation dune pulsion sexuelle ou agressive vers

des activits valorises socialement (artistique, intellectuelles ) LE TRANSFERT Le transfert est un processus psychologique qui tend reporter sur les personnes ou des objets, apparemment neutres, l'ensemble des motions et dsirs ressentis par le sujet (oscillant entre l'amour l'agressivit, la tendresse et la haine) de faon souvent ambivalente. Ces affects sont la rptition et la ractivation des positions pulsionnelles infantiles vis--vis des images parentales ou de faits ayant eu lieu dans l'enfance.

Le transfert souligne la vulnrabilit du patient, son manque de ressources internes quil cherche combler auprs du soignant... Transfert ngatif et ou transfert positif CONTRE TRANSFERT Le contre-transfert, est un "a priori" du soignant envers tel ou tel malade, en dehors de toute vise soignante. Il dsigne l'incapacit du professionnel sparer la relation thrapeutique de ses sentiments personnels et des attentes du patient. Possible outil thrapeutique Dis moi ce que tu gnres en moi, je te

dirai qui tu es ! La contre attitude sera en lien avec le contre-transfert si pas reconnue ou maitris elle met mal la relation car parasite par nos propres motions. La neutralit bienveillante est-elle possible ? Nous ne pouvons pas chapper la circulation d'affects, d'motions, de reprsentations qui traverse toute relation humaine, il est nanmoins possible d'essayer d'identifier nos ressentis pour matriser les comportements qui en dcoulent.

LES MOTIONS Les motions : manifestations spontanes dun besoin Ce ne sont pas les vnements de leur vie qui troublent les humains, mais les ides quils sen font Epictte LES QUATRES EMOTIONS DE BASE La tristesse : provoque par un sentiment dabandon, de sparation de celui ou celle dont on dpend pour dire sa souffrance

La peur : peur dun danger mais aussi se faire peur (imaginaire) La joie : tat de satisfaction intense La colre : lorsquon nobtient pas ce dont nous avons besoin Derrire chaque motion, un besoin Besoin Emotion gnre par la privation du besoin

Sentiment racket utilis lge adulte Affection Tristesse Angoisse

Attention Peur Bouderie Confirmation Vide

Positivisme Considration Colre Colrisme Lmotion attend toujours une rponse STIMULUS

EMOTION REPONSE ADAPTEE Sentiment dinconfort Agression Colre

Action rparatrice Sentiment dabandon Tristesse Consolation Sentiment dinscurit

Peur Rassurance, protection Sentiment de satisfaction Joie Contact, caresse

QUE FAIRE ? 6 MOUVEMENTS CLS 1er mouvement : RECEVOIR LMOTION DE LAUTRE : commencer par sarrter le silence est parfois la meilleure des rponses 2me mouvement : SUPPORTER : cest son histoire, sa souffrance, et non la mienne souvent lmotion arrive de la mme manire que chez lautre na pas avoir peur de la peur de lautre, ni de lnergie de la colre, idem pour la tristesse ne pas avoir peur quelle ne sarrte pas 3me mouvement : PERMETTRE : tre disponible et donner la permission : tu peux exprimer ta colre ; Tu pleures : cest ok

4me mouvement : AIDER : offrir un contenant : dis moi ; regarde moi ; regarde en face ce qui te fait peur ; reste en contact avec moi ; tu es content, montre le que se passe t-il en toi 5me mouvement : APAISER : lgitimer et banaliser : rendre humainement naturelle lmotion. Reformuler le dommage et la colre cela un sens , encourager aller au fond de la tristesse, partager. 6me mouvement : REPARER : aider la personne pour quelle fasse de

cette exprience une construction en restaurant la confiance dans ces capabilits faire face si cela se reproduit. Partager lexprience positive de ce processus Un exemple de communication : La Communication non violente Observation, Sentiment, Besoin, Demande Conue en 4 tapes connues sous lacronyme OSBD (pour observation, sentiment, besoin, demande). La premire tape consiste observer et dcrire une situation de manire objective et sans jugement. Ainsi, lobservateur ne dira pas tu es en retard mais nous avions rendezvous 13h, il est 13h30 . Une telle formulation vite lautre interlocuteur de se sentir agress.

La deuxime tape est centre sur les sentiments : il sagit de formuler ce que lon ressent vritablement face une situation. Vient ensuite lexpression du besoin tel que la scurit, lintimit, la distraction, le repos ou encore lautonomie. Pour Marshall Rosenberg, les besoins sont universels tous les tres humains. Ce point commun permet une meilleure comprhension et acceptation de lautre. Lenjeu est ici didentifier le besoin cach derrire le sentiment. Enfin, la dernire tape propose de formuler une action concrte, prcise, ralisable et satisfaisant toutes les parties. Le dialogue, maintenu ainsi ouvert, favorise la coopration pour apporter une solution.

Les effets Amliorer la qualit de la relation Augmenter la confiance mutuelle Sortir des jeux de pouvoir Augmenter la comprhension mutuelle Favoriser lacceptation de lautre et le respect des diffrences mutuelles Crer un sentiment de scurit dans la relation Marshall Rosenberg illustre les deux types de communication les plus frquemment employs par deux animaux (chacal et girafe) :

Le langage Chacal est bas sur la domination. Utilise des formes de violence (insulte, menace) Cherche convaincre Utilise des formes de manipulation : culpabilit, honte, loge, punition, rcompense Insinue souvent que lautre est la cause de ses sentiments ou ractions Cherche outrepasser la libert de choisir (la sienne ou celle des autres) Dans notre exemple, la demande de rangement en langage Chacal pourrait tre : "Tu es insupportable de laisser trainer tes affaires comme a, tu nas aucun respect pour les autres personnes qui vivent ici, tu ne penses vraiment qu toi surtout que tu es le premier trouver que cest plus agrable quand cest rang, je ne te

comprends pas" Le langage Girafe, en revanche, dploie les quatre tapes et permet lautre de dcider, en toute libert de rpondre oui ou non la demande exprime : "Lorsque tu laisses tes vtements dans le salon [observation], je suis de mauvaise humeur [expression] car jai besoin de plus dordre dans les pices que nous partageons [besoin prcis]. "Pourraistu, sil te plat, prendre tes affaires et les mettre dans ta chambre ?" [demande prcise et concrte].

En utilisant ces quatre points et en aidant lautre faire de mme, nous tablissons un courant de communication qui dbouche naturellement sur la bienveillance. CONDUIRE UN ENTRETIEN Lentretien clinique soignant Lentretien nest pas une conversation, mme sil peut y ressembler notamment au dbut pour faire connaissance et dvelopper la confiance et lalliance thrapeutique.

Lentretien nest pas une discussion : pas darguments, pas dobjections. Lentretien nest pas une interview ou un interrogatoire. Lentretien nest pas une occasion de parler de soi (peur de ce que lautre aurait dire ? ) Lentretien nest pas une confession : pas de jugement. Lentretien nest pas la recherche dun diagnostic. Loin davoir compris, on laisse chapper lessentiel : le vcu du patient. Type dentretien soignant Lentretien informel : frquent et de courte dure

Lentretien ducatif Lentretien motivationnel Lentretien de crise Lentretien familial Lentretien vise psychothrapique Lentretien tlphonique Lentretien mdiation Lentretien de recadrage Trois techniques dentretien

Lentretien non directif : centr sur la personne Lentretien semi directif : le soignant cherchera explorer certains thmes spcifiques et identifier la symptomatologie qui sy rattache Lentretien directif qui se conduit avec une grille dentretien prcise et dfinie au pralable. Temporalit : parfois cinq minutes peuvent suffire condition que le patient est rellement le sentiment dtre cout (disponibilit psychique pleine et entire du soignant) Le cadre des entretiens

soignant Le lieu : pas forcment le choix mais le soignant doit crer des conditions optimales dchange. La dure et la frquence : adapte la dure en fonction des symptmes et la pathologie du patient. Importance de la temporalit dans les soins. Les caractristiques du patient : connaissance de lanamnse et du vcu du patient et analyse des transferts et contre-tranferts Les caractristiques du soignant

Le contexte : lentretien se dfinit par le contexte qui l implique Le but : lentretien a un objectif. Si pas de but : pas dentretien. Importance du fil conducteur. Le contenu : accueil des motions La grille de lecture : se rfrer aux thories et la pathologie du patient Les quatre temps de lentretien soignant Les diffrences entre couter, entendre, parler et tre compris.

Apprendre couter Savoir couter, cest savoir tre normalement curieux, indiquer que lon ne comprend pas relever sans svrit les contradictions de lautre, tre patient, en somme savoir faire parler. Une attitude dintrt ouvert : une disponibilit intgrale sans priori. Apprendre entendre Entendre inclut ce quil est convenu dappeler comprendre. Passer de lautre cot du miroir.

Apprendre our linaudible, accepter le choc et accueillir les motions, pulsions Entendre engage ltre tout entier. Une attitude de non-jugement : un accueil sans critique, sans culpabilisation ou conseil. Apprendre parler Tout peut se dire, cest une question de forme. Attendre le moment favorable. En passant souvent par le quotidien commencer par parler de la

pluie et du beau temps. Une attitude de non directivit : le soignant na pas de prsuppos vrifier Notion dassertivit Raliser que lon est pas compris Le patient a-t-il compris ce quon lui disait ? Analyse des mcanismes de dfense Les soignants sont rgulirement surpris quun patient na pas

compris les explications, voir quils ont compris le contraire. Accepter cette ventualit. ATTITUDE Lcoute est lentendre, ce que le silence est la parole, ou ce que le percevoir est au voir. Il sagit donc dune attitude qui exige beaucoup de la part des personne qui la pratiquent, beaucoup plus de prsence et dattention que dans nos attitudes de la vie courante : entendre, parler, voir.

Le cur de lentretien Acceptation inconditionnelle de lautre : laissez parler lautre, accepter ses valeurs (limite se retirer si insultes) La neutralit bienveillante : savoir reporter lentretien si pas dauthenticit, il faut se sentir bien pour avoir de lintrt pour lautre (intrt non forc) Accepter dtre aussi acteur de lentretien :accepter de rpondre ses questions, acceptez que lautre vous montre de limportance. Accepter davoir un retournement (don / contre don) Accepter de rpondre de manire personnelle au lieu

quinstitutionnelle. Le silence Deux types de silence : VIDE : coupe la parole ou la pense de linterlocuteur. Avoir peur du discours de lautre. PLEIN : Laisser linterlocuteur rflchir, construire et noncer sa pense. Lcoute active = empathie + respect des silences pleins. ATTITUDE DEVALUATION

(jugement ) Nous jugeons selon nos propres valeurs. Linterlocuteur se sent juger, il se sent dpendant, peut provoquer de la dfense, de la justification, de la colre. Par exemple la sympathie va conditionner linterlocuteur vers un type de discours (hochement de tte et sourire lors de certains propos. Il va vous rpondre pour vous faire plaisir Effet positif : linterlocuteur peut comprendre et reconnaitre ses erreurs la condition quil ne soit pas attaqu personnellement.

ATTITUDE DINTERPRETATION Nous faisons des hypothses, suppositions, selon nos critres, nos grilles de lecture qui ne sont pas celles de linterlocuteur. Linterlocuteur ne reconnait pas le contenu de son message. Linterprtation abusive gnre un sentiment de lassitude. Comme dans lvaluation gnre une diffrence de statut entre le soignant et le soign. = jugement. Effet positif : propose des solutions. ATTITUDE DE CONSEIL (aide

soutien) Elle consiste proposer lautre des solutions ou des lments de solution par rapport ce qui semble tre son problme ou sa demande : moi ta place, voil ce que je ferais Effets positifs : je construis en proposant une solution. Je ddramatise. Prise en soin morale du patient (dpression, peur ) Effets ngatifs : si la solution vient trop ou est inappropri, elle suscite plus de rsistance que de conviction et limite lautonomie de lautre. Sentiment de piti chez le soign. IL FAUT SEULEMENT ECOUTER la solution ne peut venir que de

soign. ATTITUDE DENQUTE (investigation exploration) Celui qui adopte cette attitude pose de nombreuses questions, cherche en savoir plus, demande des dtails Effets positif : rassembler le maximum dinformations, je manifeste mon intrt et mon dsir de comprendre. Effets ngatifs : le soign vit cela comme un interrogatoire, risque de raction de dfense (vitement, inhibition) Atteinte de lintimit.

ATTITUDE DE DECISION (autorit) Nous prenons la dcision la place dautrui. Dvalorisation, perte de confiance ( Yaka, taka, yapluka ) Le soignant cherche maitriser la situation en objectivant le patient. ATTITUDE DE COMPREHENSION (reflet reformulation) Il sagit de manifester un intrt ce que dit lautre et un souci, une volont

de comprendre ce que lautre exprime, ce qui exclut toute volont ou connotation dvaluation. Elle consiste principalement reflter ce que lautre me dit, en utilisant principalement la technique de la reformulation. Effets positifs : Lautre sent que je lcoute car je me fais lcho de ce quil dit. Je comprends et donc ne juge pas. Jincite mon interlocuteur sexprimer davantage mieux poser son problme et chercher lui-mme ses propres solutions. Effets ngatifs : risque que lautre pense un refus de mengager, linterlocuteur peut se sentir en inscurit.

Une solution efficace: la reformulation Reformuler c'est jouer le rle du miroir qui met en relief les propos de l'interlocuteur Pourquoi ? Pour vitez tout prjug "il a l'air de..." ; pour viter tout jugement : "vous auriez du" ; pour viter toute directivit "commenons par parler de ..." ;

pour viter toute subjectivit "moi je pense que ..." Reformulation simple (cho) : consiste redire la dernire ide exprime ou une ide particulire avec les propres mots de l'autre, sans dformation de lide. Reformulation reflet : reprise des ides sans les dformer (le sujet doit les reconnaitre comme siennes) mais en les rsumant en accentuant la communication. Reformulation sur les messages affectifs (reflet des sentiments) : favorise la prise de conscience des processus internes, motivations,

dsirs, sentiments mise en lien des messages verbaux et non verbaux. La reformulation lucidation-clarification : elle permet de relever des ides implicite dans le discours ex : la crainte que vous prouvez de perdre laffection de vos enfants vous empche dtre svre La reformulation confrontation : Mise en vidence des distorsions, des incongruence : Vous dites que vous nattendez rien de notre rencontre, mais pourtant vous avez pris rendez-vous et vous tes venu ( utiliser avec prudence)

La reformulation synthse (rsum) : Utiliser la fin de lentretien, elle permet de rsumer la situation en une synthse. (ides et motions exprimes) aujourdhui vous avez parl de exprim vos difficults face Comment ? Relancer : "...hum,hum..." Faire des constats "...vous pensez donc ..." Accepter le silence Reflter en cho : redire en rsum avec les mme mots

Reflter le sentiment exprim "cela ne passe pas ... Ne pas se prcipiter, ne pas valuer, admettre que la solution viendra de l'autre Lart de poser les questions Les questions fermes : facilite la mise en confiance en dbut dentretien : Avez-vous bien dormi cette nuit ? Les questions ouvertes : elles font sentir au patient que le soignant lcoute et quil sintresse ses problmes, facilite la prise de parole et lexpression : Comment ragissez vous au fait que

Les questions alternatives : fonction de rgulation : tiez vous en colre ou angoiss ? Les questions directes : demandent une rponse prcise. Les questions indirectes : Permet de rcuprer de lespace quand limplication est trop prsente pour la personne Je me demande ce que vous soulez dire quant vous dites quon ne peut faire confiance personne ? Les questions projectives : cherchent explorer les impressions, les sentiments, dsirs (Partie la plus affective inconsciente de la personne) Que feriez vous si vous aviez toute possibilit dagir ?

Les questions suggestives (ou hypothses) : Ne pensez vous pas quun peu de repos vous ferait du bien ? Les pourquoi comment (moins intrusifs) Pourquoi avez-vous ragi comme cela ? Les questions rponses induites : La rponse induite est formule dans la question : Ne pensez-vous pas que ? Lcoute Ecouter rellement signifie nous abandonner compltement, oublier toutes les connaissances, les concepts, ides et prjugs dont notre

tte est remplie. Conserver lesprit dbutant plus vous coutez, plus vous entendez, plus votre comprhension sapprofondit. Equanimit : Egalite dhumeur, disposition affective de dtachement et de srnit lgard de toute sensation agrable ou dsagrable. Lentretien de rgulation (recadrage) Savoir accepter lexistence des conflits.

Savoir interprter les conflits leur juste valeur . Savoir rguler les conflits au moment o ils se dclenchent. Savoir attnuer les consquences ngatives de ces conflits. Savoir renforcer les consquences positives de ces conflits. Savoir trouver les solutions adquates. Garder quoi quil arrive un grand respect de linterlocuteur. Faire la diffrence entre le comportement incrimin (ce qui est fait) et la personne (ce quelle est). Considrer lagression comme une information sur ltat desprit de

linterlocuteur et non comme une remise en cause de son identit soit. Choisir entre avoir raison tout prix et maintenir la relation de soin (alliance thrapeutique). Chercher comprendre plutt que juger. Dialoguer avec assertivit et rguler ses propres motions. Les cueils viter en conduite dentretien Linduction des rponses. La rponse dvaluation ou de jugement moral.

Le support trop affectif. La rponse investigatrice (renseignements complmentaires) La rponse solution de problme La rponse aux questions directes. LES PRINCIPAUX MECANISMES DE DEFENSE DES SOIGNANTS La rationalisation : le discours du soignant est fix sur la maladie, la technique, les rsultats biologiques et limagerie. (absence dchanges majore lanxit)

Lvitement : le soignant fuit toute demande et change de conversation (le patient se sent ni) La fausse rassurance : le soignant optimise la situation. La banalisation : Ce sont des choses qui arrivent Lesquive et la drision : le soignant parle dautre chose, utilise lhumour pour viter langoisse (renforce le sentiment de solitude du patient).

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